Raviolis maison farcis au boeuf à la jerk et sirop d’érable

Il y a quelques semaines, j’ai cuisiné un rôti de palette au four. J’ai d’abord enrobé le rôti d’une marinade sèche à la jerk (du commerce), avant de le cuire 8 heures dans du bouillon de boeuf et une tasse de sirop d’érable.  C’était un test qui s’est avéré plus que concluant. On a capoté. Le mélangé sucré-épicé, c’est très populaire chez le roi et la reine du shopping.

On a mangé le rôti de palette avec du riz et des légumes, puis  Alex s’est occupé de défaire le reste du rôti à la fourchette avant de le congeler.

Chaque fois qu’on cuisine une protéine, on congèle le reste pour la pimper plus tard dans une recette tout aussi savoureuse (sinon plus) que la première. Comme des raviolis maison!

Dernièrement, la farce décongelée, on a entreprit la production des raviolis.  J’ai commencé par faire la pâte, selon la recette de pâtes fraîches que m’a enseigné Elena Faita (oui oui, la mère de Stéfano!)

Recette pâtes fraîches:

3 tasses de semoule de blé

4 oeufs

huile d’olive (2 c à soupe)

50g d’eau

raviolis maison

raviolis maison

raviolis maison

raviolis maison

La production maintenant!

Parce que je cuisine souvent des pâtes maison, on a investi dans les attachements Kitchenaid, qui se fixent sur le batteur sur socle. Pour plus de détails cliquez sur la photo.

Sinon, un rouleau à pâte ou une machine manuelle font très bien le travail pour rouler la pâte.

On place ensuite la pâte sur la “machine” à raviolis. (Cet outil est un must, pour 15$, on obtient des raviolis parfaits, plutôt facilement. Trouvez-la ici.)

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On presse pour former les alvéoles qui recevront la farce.

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On dépose un peu de farce dans chaque alvéole.

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On recouvre d’une autre feuille de pâte et on passe le rouleau.

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On les démoule sur du papier parchemin ou une surface enfarinée puis on les sépare.

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Il est préférable de faire sécher les raviolis une heure de chaque côté, avant de les cuire (environ 8 minutes dépendamment de l’épaisseur de la pâte) ou de les congeler sur une plaque puis de les transférer dans un sac à congélation.

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À servir avec la sauce de votre choix. On a opté pour une sauce crème, mais une simple huile aux herbes serait parfaite.

Raviolis maison farcis au boeuf à la jerk et sirop d'érable

Miam!

 

La recette de poulet Jerk de ma belle-mère

Aujourd’hui à l’émission Marina, le thème était “s’évader”. On m’a demandé de cuisiner une recette typique de ma belle-mère Jamaïcaine, j’ai donc évidemment choisi le Jerk Chicken que j’adore.

Chaque fois qu’on va à Montego Bay, c’est un incontournable. Et quand on sait comment le cuisiner, on réalise qu’on n’a pas besoin de prendre l’avion pour se délecter de cette recette!

Le Jerk, c’est en fait une marinade pour la viande.  C’est traditionnellement assez épicé mais vous pouvez doser en mettant moins de piment Scotch Bonnet.

J’en mets 2, mais vous pouvez en mettre juste un, ou même une moitié pour commencer. Et ne mettez pas les graines! 🙂

Ingrédients

  • 1 à 2 limes
  • 8 hauts de cuisses de poulet

Pour la marinade

  • 1 c. à soupe (15 ml) d’huile à cuisson
  • 2 c. à thé (10 ml) de poivre jamaïcain (pimento, 4 épices, allspice, piment de la Jamaïque…toute la même affaire!)
  • ½ c. à thé (2,5 ml) de noix de muscade (la moitié d’une noix, fraîchement râpée)
  • ½ c. à thé (2,5 ml) de macis (enveloppe de la noix de muscade)
  • 1 c. à thé (5 ml) de sel
  • 1 c. à thé (5 ml) de sucre
  • 2 c. à thé (20 ml) de thym frais ou 1 c. à thé (5 ml) de thym séché
  • 1 c. à thé (5 ml) de poivre noir
  • 1½ tasse (375 ml) d’oignons verts hachés
  • Le jus de 2 à 3 limes
  • 2 oignons
  • 3 ou 4 gousses d’ail
  • 2 piments Scotch Bonnet (ou juste un!)
  • 2 c. à soupe (30 ml) d’huile à cuisson
  • 2 ou 3 gousses d’ail hachées

Préparation

  1. Dans un grand bol, faire tremper et frotter les morceaux de poulet dans le jus de deux limes.
  2. Bien éponger.

Pour la marinade

  1. Dans une poêle, chauffer l’huile et y faire revenir le poivre de Jamaïque quelques minutes en remuant pour le torréfier. Cette opération en augmentera la saveur. Attention, ça saute comme du pop corn!
  2. Passer au moulin à épices ou au mortier.
  3. Mettre tous les ingrédients de la marinade dans un mélangeur.
  4. Pulser pour transformer le mélange en pâte.
  5. Mettre les hauts de cuisses de poulet dans un grand plat.
  6. Verser la marinade sur les morceaux de poulet et refermer le plat.
  7. Faire mariner au moins 2 heures, idéalement une nuit.

Cuisson au four

  1. Préchauffer le four à 350 °F (180 °C).
  2. Égoutter les morceaux de poulet.
  3. Déposer les morceaux de poulet dans un plat de pyrex ou un plat allant au four.
  4. Faire cuire de 55 à 65 minutes, en les retournant à quelques reprises.
  5. Servir avec un riz et des légumes au choix.

Cuisson au BBQ

  1. Préchauffer le gril d’un BBQ à feu vif.
  2. Faire cuire environ de 10 à 12 minutes à feu vif, en retournant fréquemment.
  3. Transférer les morceaux de poulet sur le gril non-allumé pour passer en mode cuisson indirecte.
  4. Faire cuire de 35 à 40 minutes.
  5. Servir avec un riz et des légumes au choix

 

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Bon appétit!

Laurence

Pour voir la recette, c’est ici: http://ici.radio-canada.ca/tele/marina-orsini/site/episodes/402354/marina-orsini-yves-p-pelletier

p.s. Merci à ma belle-mère Doreta pour son aide!

Le style: l’art de se célébrer chaque jour

J’ai toujours trouvé qu’il fallait une grande connaissance de soi et une certaine forme d’estime aussi pour assumer pleinement son style vestimentaire. J’ai de l’admiration pour les femmes qui sont fidèles à ce qu’elles sont, et dont le style traverse les époques et -disons-le- les modes.  Parce que même si en 2018 on milite en faveur du vivre-et-laisser-vivre, afficher un style le moindrement différent, c’est ouvrir la porte aux commentaires.

Au haussement de sourcil.

Au regard oblique.

Au “désolée c’est mon opinion bye”.

Considérant que la mode, c’est ce qu’on trouve dans les boutiques et que le style, c’est la façon dont on agence ce qu’on choisit d’acheter, il n’y a rien de plus personnel et subjectif que le style.  Et pour moi, il n’y a rien de plus beau qu’une personne qui assume le sien.

Qu’il soit classique, totalement excentrique ou quelque part entre les deux.

Réflexion sur le style vestimentaire

Je pose la question bien candidement: quand on magasine et qu’on passe à la caisse avec ce qu’on a choisit, est-ce qu’on s’assume tant que ça? Est-ce qu’on porte vraiment ce qui nous représente? Ce qu’on aime?  Ce qui nous rend heureuse?  Ou est-ce qu’on se censure pas un peu, des fois?

Parce que se mettre en valeur ça veut dire se donner de la valeur.

Prenons-nous la peine et le temps de nous donner de la valeur?

Quand on s’habille le matin et qu’on se regarde dans le miroir, est-ce que l’image qu’il nous renvoie nous représente telle qu’on se voit? Telle qu’on se sent à l’intérieur? Telle qu’on voudrait se présenter au monde?

Oui?  Merveilleux.

“Pas vraiment”.  Pourquoi donc?

Réflexion sur le style vestimentaire
Iris Apfel, 96 ans.

Les vêtements qu’on porte sont un message qu’on envoie et qui annonce qui nous sommes sans qu’on ait à parler.  Sachant qu’on a le plein contrôle du message qu’on projette, pourquoi est-ce qu’on saisirait pas l’occasion, chaque jour, d’exprimer qui on est, de se célébrer?

Ça peut paraître futile.  Après tout, ce ne sont que des vêtements. Mais ça ne l’est pas, bien au contraire. Les vêtements peuvent avoir un effet très bénéfique sur nous, sur notre humeur, sur notre estime.

Et l’expression de soi par le vêtement, ça se passe aussi bien en runnings et en jeans qu’en jupe crayon et en talons hauts.

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La bloggeuse Accidental Icon.

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Combien de femmes a-t-on vu vivre à la télé un changement de look qui les a fait fondre en larmes? Les vêtements ne sont pas superficiels, ils ont le pouvoir de nous donner la confiance nécessaire pour foncer dans la vie et se réaliser à la hauteur du potentiel qu’on sait qu’on a.

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Liz, la bloggeuse de withwonderandwhimsy.com

Chaque fois que j’ai eu la chance d’aider une personne à magasiner, j’ai vu un changement s’opérer devant mes yeux. Instantanément, la tête se relève, la posture est plus droite, le sourire plus large.

Réaliser que je peux porter ça, moi, des jeans à imprimé floral!, c’est comprendre qu’on se met nos propres limites, tout le temps.  Et si on se met des barrières pour un bout de tissu, peut-être qu’inconsciemment, on se limite dans d’autres sphères de notre vie aussi.

Crevons l’abcès tout de suite.

Le style n’a rien à voir avec le tour de taille, la grandeur ou les capacités financières.

Le style, ça ne s’achète pas. Ça se crée. Comme l’art. Oui, il faut acheter des vêtements, mais les idées, la créativité et l’inspiration font partie des choses qui sont encore gratuites en 2018. Profitons-en pendant que ça dure. 🙂

 

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Ma belle collègue Guylaine Guay, qui sent la confiance à plein nez dans sa combi aussi colorée que sa personnalité.

Assumer son style, c’est assumer qui on est et ce qu’on aime.  Qu’on soit classique, excentrique, ou quelque part entre les deux.

C’est acheter le chandail noir bien simple si c’est ce qui nous procure du bonheur et le mauve à pois blancs pour la même raison.

Les gens qui ont un style impeccable sont ceux qui arrivent à créer des agencements vestimentaires qui respectent à la fois qui ils sont et où ils vont.(2)

Ce n’est donc pas tout de porter ce qu’on aime.  Il faut savoir se vêtir comme il nous plaît, mais selon les occasions et les contextes.   J’explique.

Les experts de l’image affirment que le style, c’est 50% nos goûts personnels, 50% notre auditoire.

C’est un grand débat de société, je le sais, mais je suis d’avis qu’il y a un temps pour chaque chose. L’étiquette a encore sa raison d’être, même si malheureusement, elle semble disparaître peu à peu.  Les vêtements qu’on porte au travail ne devraient pas être les mêmes que ceux qu’on porte le dimanche matin devant la télé.

Il est possible de respecter ses goûts et d’infuser sa touche personnelle à chacun de ses ensembles, qu’ils soient corporatifs pour le 9 à 5, colorés pour un mariage ou tout-aller mais professionnels pour l’emploi qui ne nécessite pas de tailleur.

En se respectant, en respectant le lieu et le contexte, on peut donc très bien oser un imprimé éclaté qui rend de bonne humeur, rester classique même si on nous fait sentir qu’on devrait oser plus, oser une coupe particulière même si elle ne nous “affine” pas, oser un agencement hors du commun, même si on nous laisse croire qu’après 50 ans, on devrait pas.

Le style, c’est oser faire à sa façon. C’est porter ce qui nous rend heureuse.

Osons être nous-mêmes parce le bonheur, non seulement il a de la gueule, il est one size fits all.

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La reine du shopping

Véronique Cloutier, tu vas me faire mourir

Ça m’aura pris une semaine avant de me calmer assez pour écrire sur le sujet.

Si je m’étais prononcée le jour même où Véro a fait de moi (et de mon alter ego La Reine du Shopping) le sujet de sa chronique à Rythme FM, (écouter ici) mon propos se serait résumé à un très bref mais très senti cri du coeur:

OH MY GOD. OH MY GOD.

OH MY GAWWWWWDDD !!!

Revenons en arrière, vous comprendrez pourquoi ça m’a rentré d’dans à ce point-là.

La Reine du Shopping est née en grande pompe, en 2013, avec un show à Canal Vie. On s’entend, ça partait fort. Mais quand Canal Vie a choisi de ne pas renouveler l’émission, mon monde s’est écroulé. Avec Alex, mon partenaire (d’affaires et de vie) on avait misé beaucoup sur ce projet.  On y croyait, les commentaires étaient bons, on avait nos 180 000  fidèles chaque semaine.

“Avec LRDS, on parle de mode mais d’une nouvelle manière!”

C’est ce que nous disaient les téléspectateurs, en nous remerciant d’apporter ce type de contenu en ondes.  J’étais flattée, parce qu’être différente, aider et informer de façon vulgarisée, accessible et sans que ce soit plate, c’était mon intention première.

Le projet nous tenait vraiment à coeur, on n’allait donc pas laisser tomber parce qu’on perdait notre case horaire.  Si vous connaissiez Alex, vous sauriez aussi qu’avec lui, l’abandon n’est jamais une option.  (Ça me rassure aussi en tant qu’épouse, je dois l’admettre!) (Oui, je peux être insupportable, mais ne dévions pas du sujet.)

À la télé ou ailleurs, on sentait que les gens allaient nous suivre. On a investi dans notre projet: le studio de La Reine du Shopping, l’équipement caméra, le site web, le temps mis à produire et monter les vidéos, prendre les photos, écrire les articles, animer nos réseaux sociaux (Facebook et Instagram) … Pour mettre en perspective, à la fin de la diffusion des 13 épisodes de l’émission, notre Facebook comptait 2400 abonnées. Aujourd’hui, on est à plus de 30 000.

Bâtir de toutes pièces quelque chose qui n’existait pas avant, c’est motivant, mais c’est aussi ardu, long et c’est pas sans se remettre en question quelques fois, je ne vous le cacherai pas.  Mais je recommencerais n’importe quand. Je me suis découvert (en très grande partie grâce à Alex qui me pousse tous les jours) un côté entrepreneure qui me permet de travailler dans un univers que j’aime depuis toujours, la mode, mais avec ma façon de la voir, de la consommer.

Revenons à notre sujet principal.

Comme Véronique le dit dans sa chronique à Rythme FM, on ne se connait pas vraiment. (On peut par contre régler ça rapidement Véro, une “date” au Chien Fumant est si vite organisée!)

Mais en 2014, quand notre maison d’édition a fait faillite (tsé quand ça va mal) et qu’on a  socio-financé la Bible du Shopping Intelligent grâce à votre appui, (j’en ai encore des frissons quand j’y pense) Véronique a été généreuse envers nous. Un soir de novembre, Alex et moi étions dans un concert de l’orchestre symphonique de Laval (mon frère y est violoniste) et j’ai baillé comme un veau pendant que l’orchestre jouait La liste de Schindler. Mon père, assis près de nous, a cru que le talent de mon frère m’émouvait.  Bon, oui… mais cette fois-là, c’était plutôt Véro qui venait de publier sur son FB une longue annonce expliquant notre socio-financement à ses abonnés. Cette publication a aussitôt créé un tsunami de dons. Ça, c’est Véro.

Quelques mois plus tard, après avoir proposé un concept de “page Reine du Shopping” au magazine Véro, je me suis plutôt retrouvée à collaborer à l’émission Sois, sur VéroTV, à titre de Reine du Shopping.

Je ne suis pas du genre à me plaindre, en tout cas pas publiquement. (!) Mais outre les belles opportunités et les beaux moments,  j’ai vécu mes plus grands défis professionnels avec l’aventure LRDS.  Alors chaque once de reconnaissance au sujet de ce qu’on accompli m’émeut au plus haut point. Je suis une personne hyper sensible, les belles choses me font pleurer plus facilement que les choses tristes.  Véro, sérieux,  tu vas me faire mourir.

LRDS, ce “brand” qu’on porte à bout de bras depuis 4 ans Alex et moi, Véro semble non seulement l’aimer,  elle a choisi de lui donner de la lumière.

Et la lumière de Véro, c’est pas un p’tit éclairage tamisé de souper aux chandelles cute. Nonon. C’est un spot de cinéma capable d’éclairer un terrain de baseball au grand complet, en pleine nuit.

Alors pour tout ça, je remercie Véro du fond du coeur, de même que vous tous, qui parlez de LRDS dans les médias, dans votre entourage,  qui commentez et partagez les publications. À l’ère des réseaux sociaux, où la valeur d’une entreprise se compte en vues de vidéos et en nombre d’abonnés, ces gestes simples contribuent à faire rayonner la Reine et à lui donner la chance de poursuivre sa mission: vous parler de mode de façon accessible, réfléchie et divertissante.

On travaille fort avec notre équipe et j’ai hâte de vous partager nos prochains projets!

La Reine du Shopping  XOX

p.s. Merci aussi à Marie-Soleil Michon et Sébastien Benoît qui ont agrémenté cette chronique de belle façon. Et à ma Marina, qui me donne une vitrine régulière à Radio-Canada.  Love à vous tous.

Hommage à ma gang de l’émission Marina

Mardi matin dernier, j’étais particulièrement fière de mon look. Mes pantalons moulants en faux cuir, mon tricot noir ample qui camoufle le popotin, mon veston blanc graphique et mes bottines à clous en cuir noir flambant neuves.

Un mariage réussi entre le rock et le chic. Le noir et le blanc.

C’était un agencement aussi confortable que réussi.

La journée commençait bien. Je me sentais au top de ma game.

Il ne pouvait rien m’arriver de mal. (Souvenez-vous que je viens de dire ça.)

À 8:32, mon Téo Taxi m’attendait pour m’emmener à mon enregistrement de Marina à Radio-Canada.

J’ai attrapé mon indestructible sac IKEA qui contenait un arsenal de produits à lessive pour mon segment sur l’entretien du blanc.

(Les célèbres sacs bleus sont indispensables à tout collaborateur télé. On devrait être commandités par le Clan Panneton tellement on “charrie du stock” tous les jours.)

Sur l’asphalte de l’allée qui mène à la rue, j’ai couru vers le taxi malgré la lourdeur de mon chargement. C’était une grave erreur.

À partir de là, tout s’est mis à aller très lentement.

Pendant une fraction de sonde durant laquelle mes deux pieds ne touchaient plus le sol, c’est comme si quelqu’un venait d’attacher mes deux chevilles avec un tie wrap. Ça a stoppé ma course tellement sec que j’ai été propulsée vers l’avant.

“Ben voyons donc quessé ça?!?”, que j’ai dit à haute voix, encore dans les airs.

Sur le coup, rien ne pouvait expliquer ce qui venait de se produire.  Vu de l’extérieur,  l’air ambiant venait de me faire une jambette.

Ce qui est arrivé en réalité: la boucle de mon lacet de bottine droite s’est pris dans la griffe de ma bottine gauche. Voici la reconstitution:

Hommage à ma gang de l'émission Marina

La preuve en gros plan: la griffe du haut est ouverte et à mains nues, je ne suis même pas capable de la refermer.

Hommage à ma gang de l'émission Marina

L’impact a même sectionné un bout de mon lacet, que j’ai retrouvé le soir, à l’endroit même de la scène burlesque qui avait eu lieu quelques heures plus tôt.

Hommage à ma gang de l'émission Marina

Mais revenons à ma cascade.

Pendant les quelques secondes où  j’ai eu l’impression d’être flottante avant de retomber, le suspense était le même que dans l’Orbite de la Ronde, quand t’attends le moment où tout lâche et que tu cries ta vie, même si tu sais que le manège va freiner juste au bon moment.  Dans mon cas,  il n’y avait pas de freinage en vue et absolument aucune bonne façon d’atterrir.

J’ai trouvé le moyen de m’écraser en 3 étapes distinctes: sur le genou droit d’abord, sur les mains ensuite –  on salue le sac IKEA qui a tout fait pour rendre la chute encore plus disgracieuse –

Puis, la grande finale mondiale, su’ l’menton. Parce que si tu tombes pas s’à face, ça fait une moins bonne histoire à raconter.

En me relevant, j’ai été plus surprise de voir l’état de mon pantalon que celui de la peau en dessous.

Hommage à ma gang de l'émission Marina

Je me suis affalée sur la banquette du taxi, le chauffeur m’a tout de suite tendu un mouchoir pour essuyer le sang, mais la sympathie avait ses limites:

-Ouf, c’était toute une chute en tout cas…!

-C’est bon, t’es ok là.

– …

En arrivant dans la salle de maquillage de Radio-Canada, encore sur l’adrénaline, les lambeaux de mon pantalon collaient dans la plaie de mon genoux qui enflait à vue d’oeil et mon menton commençait à devenir bleu.

Hommage à ma gang de l'émission Marina

Là, ma “famille Marina” s’est activée:

Jacques-Lee, le maquilleur de Marina m’a tendu un tube d’onguent, Vanessa Sicotte est arrivée avec des pansements, Josée l’habilleuse a raccommodé mes pantalons avec du duck tape noir.

C’était une valse d’entraide magnifique.

Je commençais à relaxer quand France, ma maquilleuse, a remarqué autre chose.

-L’arrière de ton pantalon est orange …

Hommage à ma gang de l'émission Marina

 

Personne comprenait d’où ça venait, mais moi j’ai tout de suite su.

Dans la chute, l’eau de javel dans mon sac a revolé sur l’arrière de mon pantalon en faux cuir, qui lui, est en rayonne, une matière absorbante, sachez-le.

Telle une ninja du make-up, France a sorti sa poudre à smokey eye noire tellement vite que son ombre a pas réussi à la suivre en temps réel.

Elle s’est mise à couvrir les taches d’eau de javel en noir. En 20 minutes top chrono, j’avais l’air neuve.

Hommage à ma gang de l'émission Marina

Ce matin-là, dans le sous-sol de la grande tour, il y a eu un vrai travail d’équipe.  Et je réalise que même si on travaille dans un monde superficiel, les gens qui le composent ne le sont clairement pas tous. Et même si on ne cesse de dire qu’en télé, on ne sauve pas des vies, ce jour-là, mes collègues ont sauvé ma journée.

À ma gang de Marina, merci pour tout. Vous êtes fiables en schnitzel.

Laurence XOX

Pourvu que tu sues

Parce qu’il s’agit d’un métier hors-norme, qu’il y a beaucoup d’appelées, peu d’élues et que le revenu est irrégulier, j’ai toujours pensé que ma plus grande fierté personnelle serait d’être devenue celle que j’ai toujours voulu être, une animatrice télé.

Aujourd’hui, à 34 ans, je sais que je me valorise beaucoup à travers ce que j’accomplis, au travail comme à la maison.

Comme si j’évaluais la qualité de la personne que je suis en nombre de contrats de télé annuels et de brassées de blancs qui ressortent immaculées parce que j’ai dont la touch pour détacher. Je suis une femme de carrière et une femme de maison accomplie.

Yay me!

Mais au-delà des obligations de la vie, y’a moi. Et ça, heureusement, il n’est jamais trop tard pour s’en rappeler.

Vous savez, la personne qu’on est avant d’être une blonde, une épouse, une mère, une belle-mère, une grande-mère, une femme qui travaille trop, tout le temps?  Vous souvenez-vous d’elle?

Dernièrement, j’ai la sensation que je ne fais pas qu’accomplir des choses,  JE M’ACCOMPLIS.

Pas pour la job, même si passer au travers d’une pile de dossiers, c’est gratifiant.

Pas pour la famille, même si préparer les repas pour la semaine d’une main en repassant des chemises de l’autre, c’est hot en ta’.

C’est vrai que c’est hot.

Mais récemment, je me surpasse en faisant quelque chose juste pour moi, parce que ça me fait un bien fou à moi, même en sachant que pendant ce temps-là, le lave-vaisselle doit être vidé, l’épicerie est pas faite, les lits doivent être changés et les plants de tomates, arrosés.

Malgré tout, je prends du temps pour faire quelque chose qui m’allume tellement que le reste va attendre. Je pensais jamais dire ça. Le reste a toujours été plus important.

C’est quand, la dernière fois que tu t’es donné le droit de faire ça,  faire attendre le reste?

Moi, c’est hier, cet après-midi et toutes les fois où j’enfile mes runnings. Je sais que la course est le dernier sport à la mode, mais c’est devenu mon sport, celui que j’ai découvert en 2012 et que je pratique plus sérieusement depuis  deux ans.

Quand je pars courir, au soleil – dans la neige – sous la pluie,  non seulement je me sens vivante, mais à la maison, tout le monde sait que tant que je ne suis pas revenue, JE N’EXISTE PAS.   Que j’en vois pas un m’appeler! (Mon application de course et ma musique sont sur mon téléphone.)  La musique dans les oreilles,  je me pousse à fond jusqu’à ce que j’en aie la chaire de poule.  C’est pas une image, c’est vrai.

Pourvu que tu sues

Tu te considères pas assez sportive?

C’est la fille qui était mortifiée à l’idée de recevoir une passe au ballon-chasseur, qui te parle.

C’est la fille qui pouvait pas courir 1/2 km d’un seul trait quand elle a commencé, qui te parle.

C’est la fille qui a couru 110km ce mois-ci, qui te parle.

Parce que j’ai continué. Parcourir 500 mètres, quand tu commences et que tu te pousses vraiment dans le derrière, c’est extrêmement satisfaisant.

Tout le monde commence quelque part. La satisfaction d’allonger son trajet après quelques entrainements, c’est comme une piñata qui explose dans ton coeur.

Cette sensation-là, tu l’obtiens pas en faisant quelque chose de facile.

Pourquoi t’essaierais pas le sport?  Trouve-toi un sport. N’importe lequel, pourvu que tu sues.

La satisfaction d’avoir dépassé ta limite, d’accomplir quelque chose que tu n’aurais jamais cru possible, tu vas adorer ça. Tu vas t’aimer. Sentir le sel dans ta face après l’effort? Tu vas aimer ça. Si t’aimes le sel.

Des fois, il y a tellement de sel que je m’exfolie juste en me massant les joues!

Quand je cours, ma tête me donne un break.  As-tu besoin d’un break? Sors de la maison. Toute seule. Avec juste toi-même. Pour toi-même.

Quand je suis stressée, la course rend mes idées plus claires. Quand je suis en beau joualvert, la course, c’est plus sain et plus abordable que de casser une pile d’assiettes.

Pendant mes règles, le sport est aussi efficace que 2 Advil Liqui-Gel.

Saute dans tes runnings. Oui, ceux que t’as depuis longtemps. Ils font la job. Enfile-les. Mets des vêtements confortables et sors de chez-vous.

En marchant, en courant, en galopant, en faisant des pas chassés, des roues latérales si t’es capable.

Sors de chez-vous pour autre chose qu’aller au travail, à l’épicerie ou chercher les enfants en auto.

Et quand t’auras atteint un niveau de dépassement qui te rendra aussi fière que de voir tes enfants heureux, tu te gâteras.

Parce qu’il ne faut jamais sous-estimer le pouvoir que de nouveaux vêtements de sport peuvent avoir sur la motivation. Mon seul conseil: investis dans un TRÈS BON soutien-gorge de sport, dès le début. Visite une boutique spécialisée et fais-toi conseiller.

“Une poitrine qui rebondit comme un ressort, c’est rien pour te faire aimer le sport.”

-La reine du shopping. 😉

Ma bouche est un chantier

NOTE: J’ai écrit ce texte en 2012, après ma deuxième greffe de gencives.  Mais comme on me parle souvent de mes dents (!) revoici l’histoire traitée de façon humoristique.

Mercredi, 13:00. Chez la parodontiste:

-Prête pour ta greffe de gencive?

Elle me tend 2 advil.   En langage dentaire: brace yourself sister, ça va faire mal!

-On va faire l’incisive de gauche, c’est la pire, tu reviendras pour la droite.

-Non non non! On fait les deux aujourd’hui. Avec ce que j’ai vécu la dernière fois, c’est déjà un miracle que je sois revenue! (Oui, j’ai eu 2 “batch” de greffes de gencives.)

Après quelques minutes, j’avais l’impression que ma lèvre supérieure touchait mon nez, et ma lèvre inférieure, mon menton. Je n’ai pas été gelée souvent chez le dentiste parce que je n’ai jamais eu de carie.  J’ai toujours brossé mes dents avec beaucoup de vigueur!  Et si j’ai plusieurs dents déchaussées aujourd’hui, ben c’est parce que j’ai toujours brossé mes dents avec beaucoup de vigueur…!

L’assistante:

-Je voulais te demander… c’est quoi la meilleure destination-soleil tout inclus?

-Yen a ‘usieurs…Ça dé’end ce que ‘ous aimez faire ‘endant ‘os ‘acances…

Parlant de mauvais timing, je salivais à l’idée d’un Big Mac. J’avais la bouche ouverte tellement grand que je pense qu’on aurait pu le rentrer sans problème. Dans sa boîte. Vous avez l’image?

Greffe de gencive: technique qui consiste à ouvrir le palais, à retirer un morceau de peau, à recoudre le palais, à recouvrir la partie de la dent qui est à découvert, et à coudre la greffe pour la maintenir en place.

Pour moi, c’était une évidence. La parodontiste prendrait un plus gros morceau de peau pour pouvoir faire toutes les greffes.  Mais je me suis quand même dit: si jamais elle oublie, et qu’il faut ré-ouvrir le palais, ça va être génial pour mon blogue! Oui, ça m’arrive d’être complètement cinglée.

Je ne sentais plus rien du tout, (sauf la bave lorsqu’elle glissait le long de mon menton) mais j’ai vu passer le morceau de peau du palais avant qu’il soit déposé dans un cabaret de métal. Gros comme ça, (2cm X 1cm) ça ne m’inquiétait plus.  Elle allait couper le morceau en deux c’est sûr, et garder la 2e moitié pour la greffe de droite.  C’était tellement clair qu’un peu plus et je faisais ma greffe moi-même… Elle a sorti son fil et s’est mise à la couture.  Elle était si habile que d’après-moi, c’est elle qui a conçu la robe en viande de Lady Gaga

-C’est fait! On fait l’autre?

Mon sourire dégoulinant et mon pouce en l’air l’ont convaincue. J’avais tellement peur qu’elle change d’idée!

Les filles ont été aussi surprises que moi de voir mes jambes se redresser à 90 degrés, sans même plier.  On venait de me piquer dans le palais, à droite, cette fois.  La réalité me frappait.  La parodontiste n’avait jamais eu l’intention d’excaver mon palais une seule fois.  Apparemment, il n’y avait pas assez de peau à gauche dans le palais pour faire plus d’une greffe.

On a recommencé.  L’excavation, la couture, la mise en place de la greffe, la couture.  La chirurgie aurait pu être commanditée par l’association des entrepreneurs en construction du Québec. Ma bouche était un chantier. Honnêtement, mon palais aurait pu être un projet de réno entrepris par un des 20  designers de C’est quoi ton Plan…

-Exagère pas…

-Je le sais, je me suis vue!

BELMONT, le fabriquant de fauteuils et de lampes de dentistes, a eu l’extrême bonne idée de se faire de la pub en inscrivant son nom sur un collant apposé sur la lampe. Un collant MIROIR! Le coeur m’a levé. J’ai passé le reste de l’opération les yeux fermés. 4 heures plus tard, c’était terminé.

Ma bouche est un chantier

Ma bouche est un chantier

Deux jours plus tard, en plus des bleus, j’ai l’impression d’être passée dans l’application fat face.

Vous pouvez rire.

J’ai lavé mon iphone à la machine.

C’était un samedi pluvieux comme on en avait pas vu depuis longtemps au chalet familial.

J’étais en train de pas avoir de fun râcler les feuilles des 224 600 arbres de notre terrain de 12 millions de kilomètres carrés avec ma belle-mère. Le mari coupait les arbustes à la grosse scie, mon beau-père cordait du bois avec les enfants.

Ç’aurait dû avoir l’air d’une photo Pinterest, mais ma face de bouette gâchait le cliché. Mes cheveux détrempés et tapés chaque bord de ma face n’aidaient pas non plus, sans compter les gros mots que j’ai peut-être dits.

J’avais mis mon téléphone dans ma poche de manteau pour ne pas manquer l’appel de mon amie Marie-France qui avait prévu venir nous aider avec son mari et ses enfants. J’ai trouvé le moyen de manquer l’appel de toute façon, (ce genre de journée-là) mais passons.

Quand tout le monde est rentré dans le chalet à la fin de l’après-midi, dégoulinants et sales, -le genre de moment où tu demandes aux gens de se déshabiller sur la galerie pendant que tu amènes les enfants tout habillés à bout de bras dans le bain tellement tu veux pas qu’ils salissent la maison- j’ai fait ma p’tite mère en me dépêchant de prendre les vêtements de tout le monde -y compris les miens- et de partir une belle brassée de lavage extra trempage.

Le cycle était terminé depuis un bon moment quand j’ai allumé. J’ai monté les escaliers 6 marches à la fois pour aller retrouver mon téléphone (qui lui n’allumait plus) mais dont la vitre n’avait jamais été aussi propre. Je l’ai humé pour voir si un téléphone pouvait sentir l’assouplissant. (Non.)

Quand je suis retournée à la cuisine avec le semi défunt, tout le monde criait de le mettre dans le riz. Mon beau-père, toujours le mot pour rire, m’a demandé si je préférais celui à grain long ou basmati.

Il a passé la nuit dans son riz, (le téléphone, pas le beau-père) et y est resté jusqu’au mardi soir.

En revoyant la scène, je réalise qu’on n’était pas moins sérieux devant le ziploc de riz blanc que Derek Shepperd devant un cerveau à découvert. J’ai quasiment dit:  it’s a beautiful day to save lives.

 Je sais que la technologie avance vite, mais après 4 jours, quand j’ai branché mon téléphone pour le tester,  j’étais sidérée de ma découverte et j’ai appelé mon chum:

-Alex! C’est fou! Ils ont inventé un système de petite porte de sécurité qui ferme l’endroit où on branche le téléphone quand il est en contact avec l’eau!  Je suis incapable de rentrer mon fil de chargeur!

-Lau, prend tes pinces à sourcils et enlève le grain de riz qui est pris dans le trou.

– …

Une fois branché, l’appareil s’est allumé, mes courriels et textos entraient, mais l’écran tactile était clairement en phase terminale. Impossible d’ouvrir l’appareil.

Je sentais que mon téléphone voulait vivre, mais moi je ne pouvais vivre sans téléphone un jour de plus. Je l’ai rapporté au magasin et j’en ai acheté un  nouveau.

Le truc du riz, ça a fonctionné pour vous ou pas?

Au revoir, Madame Martin!

Il y a plusieurs années, suivant le conseil de ma mère, (les mères ont toujours raison) je suis entrée chez Madame Martin, une boutique de lingerie spécialisée bien établie au centre-ville de Trois-Rivières.

Elle existe depuis si longtemps qu’elle donne l’impression d’avoir toujours été là.

La preuve, c’est que le décor rétro original des années 60 a eu le temps de devenir parfaitement vintage aujourd’hui.

C’est un décor Pinteresque.

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Les produits ne sont pas présentés sur des cintres, ils sont tous gentiment pliés dans leur petite boîte de carton. Il suffit d’informer la dame sur nos besoins pour que,  sans même se retourner, elle attrape d’une main la petite boîte qui contient le produit qu’il nous faut.  Connaître son stock vous dites? 🙂

On m’a conseillée avec expertise et discrétion. Grâce à Madame Martin, j’ai découvert ma bonne taille (oui, j’étais de celles-là, celles qui ne portaient pas la bonne taille…) mais surtout, je suis devenue adepte du soutien-gorge en dentelle, celui qui se forme à la poitrine, contrairement aux coquilles de forme générique  auxquelles la poitrine doit se mouler.

En quelques minutes dans la cabine d’essayage, j’ai compris que mes seins n’avaient jamais connu le confort. Le vrai confort. C’était une telle révélation que j’avais juste envie de prendre mes seins au creux de mes mains et de leur demander pardon pour toutes ces années de maltraitance.

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Toute sa carrière, Madame Martin a été au service des femmes. De toutes les femmes. Environ 4500 femmes ayant subi une ablation d’un sein lui ont rendu visite pour un ajustement de prothèse mammaire.

Après 48 ans de service, nous avons appris il y a quelques semaines que la boutique Madame Martin fermera ses portes.

Si un message doit rester, c’est celui que toutes les femmes méritent un ajustement professionnel. Il fait autant de bien qu’un pédicure, et les bienfaits durent plus longtemps. 🙂

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Bonne retraite Madame Martin!

PS. Pour un bon ajustement en Mauricie, visitez Madame Martin d’ici la fin juillet, ou la boutique Belles de Nuit Belles de Jour, où le personnel qualifié se fera un plaisir de bien vous conseiller.

Génération Jacob: au nom de la laine vierge

Jeudi dernier, j’ai publié une photo sur la page facebook de La Reine du Shopping. Un simple cardigan sur son cintre. Cette photo est devenue la publication la plus populaire de l’histoire de la Reine du Shopping: près de 150 000 personnes l’ont vue,  3000 l’ont aimée et 475 l’ont commentée.

C’était un cardigan Jacob en laine vierge des années 90 donc non, pas un simple cardigan.

C’est le cardigan emblématique de toute une génération. Tout le monde l’a eu et tout le monde a une histoire à son propos: on se souvient avec qui on l’a acheté, en quelle année on l’a porté, combien de fois on l’a emprunté en cachette à sa soeur. On sait à qui on l’a donné, à moins de l’avoir jalousement entreposé.  Tout le monde s’en ennuie, tout le monde fait awwww, tout le monde se peut pu, tout le monde est nostalgique.

“J’ai le même ! Dans une boîte à quelque part … Je n’ai pas été capable de m’en défaire. -Marie Claude Brin

*Avant de continuer, je fais une parenthèse pour vous informer que 6 boutiques Jacob demeureront: quatre à Montréal, une à Québec et une à Sorel.

Poursuivons.

Jacob a marqué toute une génération. Je dirais même deux, parce que ses vêtements sont passés d’une à l’autre  et dans les deux sens: nombreuses sont nos mères qui portent encore “notre vieux Jacob”.   La mienne porte toujours ma robe à carreaux noirs et blancs de Jacob JR!  (Moi aussi, je me demande ce qui est le plus impressionnant: qu’elle porte une robe d’il y a 25 ans, ou le fait qu’elle rentre dans du Jacob JR…)

“J’ai gardé ma petite veste mauve comme ça, au cas où j’aurais une fille plus tard ! J’avais 15 ans et ma puce aura un an demain. Un jour, on verra si elle l’aimera assez pour la porter. -Catherine Roy

Qu’est-ce qui fait qu’un cardigan des années 90 nous rende si nostalgiques?  Oui, il représente nos années de jeunesse mais à mon avis, il témoigne aussi de ce qu’était l’ancien Jacob, l’époque où l’entreprise utilisait des matières majoritairement naturelles: la laine d’agneau et la laine vierge, mais aussi le coton.  J’avais même des blouses sans manches en soie extensible! (Que ma mère a sûrement encore…)

À 15-16 ans, on ne lisait sans doute pas les étiquettes de composition.  On était en amour avec le look Jacob,  mais si nos mères nous laissaient y flamber nos payes de gardiennage, elles devaient savoir la qualité et le confort y étaient aussi.

“Ah mon dieu! J’avais gardé tellement d’enfants pour pouvoir me payer ça! (…) ” -Véronique Bélanger

“(…) Je me rappelle, à ma fête, je demandais toujours d’avoir de l’argent pour pouvoir aller m’acheter ce que je veux chez Jacob! (…) ” -Stéphanie Chabot

Jacob avait compris qu’offrir de la qualité ne fait pas en sorte que les consommateurs consomment moins. Un vêtement qui procure du bonheur, c’est un vêtement qu’on porte régulièrement. S’il reste beau longtemps en plus, ça s’appelle un achat intelligent. Et un bon achat, c’est tout ce qu’il faut au consommateur pour avoir envie de retourner à la boutique.

Ahhhhh les vestes en laine! J’en achetais une à toutes les années.” -Marylene Iler – Bourdon

Jacob n’a pas seulement fermé la majorité de ses boutiques, il a, à un certain moment, complètement changé son offre. Le cardigan en laine était devenu le cardigan en acrylique et la robe en coton, la robe en polyester. C’était le royaume du synthétique et personnellement, même les coupes ne m’allaient plus.   Je suis revenue bredouille de la boutique plusieurs fois avant de -je l’avoue-  carrément abandonner. Sans m’en rendre compte, j’ai commencé à parler de Jacob au passé, parce que mon Jacob n’était plus.

“C’est donc triste de ne plus être capable de trouver des vestes de “laine” -Denise Rousseau

Au moment d’écrire ces lignes, je visite le site web de l’entreprise et je constate deux choses qui me rendent heureuse:

  1. Il y a quelques items en coton, d’autres en viscose et en ponte.
  2. La majorité des vêtements sont fabriqués au Canada.

Signe d’espoir? Je l’espère. Quand je pense à Jacob, je pense à tous ces vêtements classiques, bien faits, qui ne ressemblent pas à ce qu’on offre ailleurs, et que je porterais encore si la boutique les reproduisait avec des coupes et des imprimés à la Jacob d’aujourd’hui.

Il y a des boutiques où l’on va pour fouiner et découvrir des trésors. Des boutiques où l’on va pour les items fashion  à petits prix, peu importe la matière, et il y avait une boutique où l’on allait pour trouver, à l’année, les pièces de base de la garde-robe (chemisier, robe, jupe, cardigan, t-shirt, veston)  dans toutes les couleurs et dans de belles matières. C’était ça,  le créneau de Jacob. Et c’est ce qui fait que plusieurs se demandent encore: et on va où, maintenant, pour ça?

Oui, Jacob, nous sommes toujours preneuses pour tes chemisiers en coton extensible, pour tes cardigans noirs-gris-marine-blancs-crème-rouges-roses-ou-verts, pour tes robes sobres et bien taillées, pour tes t-shirts parfaitement ajustés et assez épais pour ne pas voir à travers.

Nous sommes preneuses pour ce que tu as été et qui a fait ton succès.

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Je lance donc une idée un peu folle.

Si, dès le départ, mon mari et moi on a mis sur pied La Reine du Shopping, c’est pour qu’un jour, nous puissions avoir une voix en tant que consommateurs. Nous avons devant nous une occasion parfaite.

Si vous souhaitez, vous aussi, que l’offre de Jacob redevienne ce qu’elle a été, (en version modernisée bien sûr!) je crois qu’il est temps d’activer la communauté de La Reine du Shopping.  Nous sommes plus de 16 000 à nous intéresser à la mode, aux belles matières et nous savons la différence entre une dépense et un investissement.

C’est l’occasion pour nous de voir ce qu’unies, on peut accomplir. J’ai confiance qu’ensemble, nous avons une voix.

Manifestez-vous dans les commentaires ci-dessous en expliquant ce que vous aimiez de Jacob.  Ça n’a pas besoin d’être long. Il faut simplement démontrer que Jacob a toujours ses consommatrices de la première heure et qu’il y a un public pour les vêtements classiques, modernes et bien taillés, en fibres naturelles surtout. (Mais on ne rechigne pas le polyester de temps en temps!)

J’ai confiance en la communauté de la Reine du shopping et j’espère que Jacob, une entreprise de chez-nous, sera prête à nous entendre. J’ai toujours cru que l’industrie de la mode pouvait être profitable pour les commerçants aussi bien que pour les consommateurs.

Et si tout le monde pouvait être gagnant dans tout ça?

Au nom du shopping intelligent, formons une équipe et voyons jusqu’où cela peut nous mener.

Je laisserai le premier commentaire. J’ai hâte de vous lire.

Laurence