La chasse aux bottes Hunter

Le jour où j’ai voulu des bottes de pluie, j’avais en tête d’acheter les bottes Hunter.

“Oui oui, celles que tout le monde a. On parle bien des mêmes.”

J’aimais leur look.  Mais leur qualité première est qu’au niveau du mollet, elles sont lousses et donc, font paraître le mollet plus petit. On a toutes besoin d’une illusion d’optique au niveau du mollet, non? J’ai vu toutes ces filles les porter avec tellement de style! -et de lousse aux mollets- !  Ça me les prenait. À tout prix. Absolument. À la folie. Pour toujours. For ever. And ever.

Mais pour faire une histoire courte, j’ai fini par acheter autre chose que les bottes Hunter.

“Pourquoi?”

“Trop lourdes. Pas assez stretch. Plus de bottes noires en stock. Nulle part.”

“Dis la vraie raison.”

“C’est ça, la vraie raison.”

“Dis la vraie raison.”

“Les mollets me rentraient pas d’dans.”

La morale de l’histoire: c’est pas parce que c’est tendance, que c’est ce qu’il nous faut.

Miracle sur la 37e rue

On était à New-York depuis même pas une heure. On marchait en direction de Eataly, le resto/marché de Mario Batali, sur la 5e avenue.  Au coin de la 27e, un miracle s’est produit.

“Le titre existe déjà, trouve autre chose.”

“Le miracle de la 34e rue, ça fait tellement 1947…”

Je suis une fan de la première heure de  l’émission What Not To Wear, diffusée sur TLC.  J’enregistre toutes les émissions et j’écoute les reprises. Je chante le jingle du générique d’ouverture.   Je connais le nom des participantes.   Je pourrais les reconnaître sur la rue.

L’animatrice, Stacy London, est mon gourou. C’est une animatrice qui connait la mode comme personne, elle est irrévérencieuse, drôle, possède un sens de la répartie supérieur à la moyenne et est extrêmement brillante. Mon modèle d’animation sur deux pattes en talons hauts.

Je pense que cette fille-là a les pieds de Barbie. Ils sont moulés pour les talons hauts.

Et elle était là. Dans toute sa fabuleuse personne.

Mon chum l’a vue avant moi. Oui, mon chum est parfait. C’est un gars-gars, qui, en plus, aime tout ce que j’aime.

“Pas toute-toute“, qu’il fait dire.

On a jasé un peu, j’ai pu lui dire à quel point son émission est ma religion.  Dans l’énervement, je pense que je lui ai dit qu’ELLE était ma religion.

-C’est un peu too much.

-Rappelle-moi le pas.

Mon chum a pris une photo, puis on est partis.

-Pourquoi tu leur dit pas ce qu’elle a dit à la fin?

-Elle a rien dit à la fin…

-Dis-le ou je vais le dire.

*Soupir*

Moi: So, is my outfit ok?

Stacy: You know it’s damn fine. But not as much as your man…

Mon idole venait de flasher sur mon chum.

Pour me donner une contenance, j’ai cité Carrie Bradshaw:

-Oh please, tell me something I don’t know…

Et j’ai claqué des doigts comme une diva.

J’ai dit à la gang qu’on pouvait rentrer à Montréal.  J’avais vécu New-York.

 

La Reine et sa Reine-Mère traversent la frontière

5:15 am. Léo bondit sur mon ventre.

-Saute tant que tu veux, Léo. J’ai 2 réactines dans l’corps.

Pourquoi avoir un réveille-matin, lorsqu’on peut simplement avoir un chat?

-Parce qu’un réveille-matin n’a jamais besoin d’être nourri, flatté, brossé et qu’il est impossible d’en être allergique? C’est bien personnel.  Ma mère, elle, ne peut vivre, ni-chasser-sans-son-chat. (Ou quelque chose comme chat.)

Dans sa cuisine, elle s’affaire à me préparer un latte, l’arme ultime pour me sortir du lit après une nuit aussi courte. Arrivée à Trois-Rivières à minuit la veille, c’est l’heure du grand départ. Pour une 2e année non-consécutive,  la Tournée des Winners du Québec…goes international!  Sur la banquette arrière de la voiture, une petite glacière contient des bouteilles d’eau et des barres tendres pour nous sustenter…et nous éviter de déroger de notre plan. Les 4 prochaines journées seront chargées. C’est un road trip américain de 4 jours de magasinage…de 12 heures par jours.

-Heureusement, le SQM (syndicat des Québécoises qui magasinent) permet les shifts de 12 heures…

Chez nos voisins du sud, on trouve des grandes surfaces appelées Marshalls et Tj-Maxx à chaque sortie d’autoroute ou presque.  Elles sont ni plus ni moins que des Winners américains. Ces 3 magasins appartiennent d’ailleurs tous au géant tjx companies. Et on y fait des affaires d’or. Des robes BCBG, étiquettées à 210$, pour  30$, par exemple.

On filait donc vers 1300 kilomètres de sensationnelles découvertes vestimentaires… et ménagères. Comme ces über-sexy pantoufles-vadrouilles.

-T’es passée d’une robe BCBG à des pantoufles Wal-Mart. Tu le sais, hein?

– J’ai reçu le mémo. Merci. C’est qu’on aime tirer le maximum d’une pause-pipi…

Et pour s’assurer une alimentation aussi saine que sur le pouce durant le voyage, on mange toujours dans le stationnement de notre prochaine cible,  les portes de l’auto grandes ouvertes, une salade concoctée au comptoir fraîcheur d’un supermarché qui -miracle- se trouve toujours à proximité.

La charmant village de Salestown n’offre pas que des grandes surfaces éclairées au néon.  Il y a aussi les outlets! Mon meilleur coup à vie? Une paire de jeans GAP, modèle long and lean, que j’avais déjà achetée plein prix (dans une autre vie)  pour 80$. Ce jour-là, dans le rack circulaire, coincée entre deux robes au fleuri très 1992, la paire de jeans me zieutait. Trois-quatre battements de cils de sa part et j’avais succombé. Je l’ai essayée. Comme une gant!

À la caisse, la fille a confirmé mon statut de reine des soldes:

– three and seventy-six, please.

Ma mère:

-COMBIEN ???

– Trois piasses et soixante seize, mom.

Pour célébrer mon succès, je me suis offert un latte-écrémé-sans-mousse-extra-chaud chez Starbucks. Qui m’a coûté 6.00$

Cette année, j’ai eu beaucoup de chance au paradis du cuir: Coach

Comme dans un rêve, tout s’est déroulé très vite. Pour vous aider à vous mettre dans le ton, lisez le prochain paragraphe très vite:

En entrant, je reçois un flyer: 30% supplémentaire sur tout achat. TODAY ONLY. Je suis tout de suite attirée vers un sac trop cher. 498$  Je réalise que le sac est réduit au stylo rouge à 290$. En levant les yeux, une affiche m’informe d’un 50% sur le dernier prix étiqueté. L’affiche me met au défi:

– Pas game, Bareil, PAS-GA-ME !

Je fais le calcul rapide: 290 moins 50%, moins le 30% du flyer= 101$

Je tremble comme une feuille. Sueurs froides and all.

(Prenez une respiration, puis lisez normalement.)

La caissière: No, that’s impossible.  Let me get my manager.

La gérante: It’s our mistake. The red price wasn’t supposed to be there. Enjoy your bag.

Re-la caissière: It’s ALMOST a steal.

Moi: Believe me: I ALMOST feel bad. 🙂

J’avais peur qu’elle change d’idée. Je me suis empressée de payer le sac et je suis sortie de la boutique en hurlant à ma mère :

START THE CAR, START THE CAAAR !!!

Le talon imaginaire

Tu devrais avoir un blogue – qu’on m’a déjà dit.  Quand j’ai eu envie d’en écrire un, je pensais que mon premier post serait réfléchi, profond honnête…  Que j’y mettrais l’effort, voyez?

Bon. La prochaine fois, peut-être.

Pour l’instant, laissez-moi juste vous raconter ce qui m’est arrivé aujourd’hui.

En traversant la rue Catcarth direction Place Ville,  j’ai titubé sur ce que je croyais être d’immenses nids de poules.  J’étais prête à porter plainte à la Mairie.  Mais en analysant le regard des gens autour de moi, (un mélange de sympathie et de « arrange-toi avec tes troubles »),  j’ai vu que le problème n’était pas la chaussée… mais plutôt comment moi, j’étais chaussée.

Après deux petites semaines de bons et loyaux services, le talon en a eu marre.  Le talon venait de céder sous la pression.

« Sous la pression? C’est flatteur, ça! Égo? Dis quelque chose! Allô? 1-2-1-2..? Non? »

J’ai titubé jusqu’au cordonnier le plus près, qui m’a tendu ma botte en 2 morceaux en disant qu’il n’y avait rien à y faire.

-Est bonne votre blague.

-C’est pas une blague Ma-moi-zelle.

J’ai toujours eu un sens du timing.   Il était donc 12:30 tapant quand j’ai quitté la cordonnerie et traversé la foire alimentaire de la place Ville-Marie avec un talon imaginaire. C’est assez surprenant le décalage que peut créer un talon de 5 pouces sur une jambe… Un mot sur ma performance : BURLESQUE.

J’ai donc marché (avec mon talon imaginaire) jusqu’au magasin qui m’avait rendue si gaie deux semaines auparavant. Marché dans la neige, sur la glace, dans la slotche, dans la pitié.

La gérante du magasin: « Oh my god! Je suis tellement contente de ne pas les avoir achetées! Je les trouvais belles ces bottes-là!… My god, une chance que je les ai pas achetées…! »

« … »

J’ai été remboursée pour les bottes.  Restait plus qu’à m’en choisir une autre paire. J’ai arpenté les rayons en « pied de bas » pendant 20 minutes.  Aucune paire de bottes en stock.

Parce que j’en avais besoin, j’ai finalement choisi une paire de souliers de course.  Croyez-moi, les « runnings », d’un blanc immaculé, étaient sublimes avec ma jupe ¾ en laine et mes collants noirs.

Sublimes je vous dis.

La morale de l’histoire: n’hésitez jamais à retourner un article qui n’a pas eu une durée de vie raisonnable.